• Histoire du gouvernail
Histoire du gouvernail

Histoire du gouvernail

Après de minutieuses recherches historiques, le commandant Guilleux La Roërie complète avec ce texte le travail du comma ndant Sauvé, publié en 1905. L'histoire du gouvernail y est retracée depuis l'Antiquité. Le texte est illustré de croquis et complété par une bibliographie. «...Le bâtiment le plus parfait, abandonné à lui-même, serait bien incapable de continuer sa route en droite ligne : à la mer il embarderait continuellement, il courrait au hasard ou tournerait en rond si l'on ne procédait, à chaque instant, à de petits redressements... Qu'est ce que c'est que le gouvernail ? Beaucoup d'entre vous répondraient, tout naturellement : C'est l'engin qui sert à faire tourner le bateau !...» Extrait du livre : Jetons maintenant un coup d'oeil sur ce que fut le gouvernail dans les anciennes civilisations dont la nôtre a pu hériter. En Egypte, les documents figurés nous montrent, dès la fin de l'époque préhistorique, une ou plusieurs pagayes qui, nettement séparées des autres vers l'arrière, sont sans aucun doute dévolues comme gouvernails, (Cf. le savant ouvrage de monsieur Ch. Boreux, égyptologue de renom). Sur le bas-relief du roi Sahuré (2600 av. J.C.) on en voit trois. Il n'y a d'ailleurs pas trop à se fier au nombre représenté : les artistes égyptiens représentaient côte-à-côte, - ou, plutôt, l'un devant l'autre dans les vues de profil - les objets qui, placés symétriquement en travers, s'occultaient en réalité l'un l'autre. En outre, ils étaient sujets au phénomène dit de prolifération fréquemment observé lorsqu'un même motif est recopié indéfiniment. Sous la sixième dynastie apparaît un véritable gouvernail qui, à partir de la douzième (environ 2000 av. J.C.) nous est bien connu non plus seulement par des images, mais par les petits modèles trouvés dans les tombes. L'engin conserve la forme générale d'une rame, plus ou moins inclinée sur la verticale, mais il n'a plus d'autre mouvement que la rotation autour de l'axe longitudinal de son manche. Celui-ci est, en effet, tenu par des ligatures L (Fig. 7) en deux points de sa longueur : à son portage sur le plat-bord et, plus haut, contre un petit mâtereau M. Pour empêcher le tout de glisser vers le bas, le manche portait des renforts au-dessus des ligatures. Ce détail, généralement absent des images, se remarque sur les petits modèles trouvés dans la tombe de Toutankhamon. Le glissement vers le haut reste possible ; il est probable qu'on y avait recours à l'occasion, pour relever le gouvernail et diminuer son tirant d'eau lorsqu'on accostait à la berge ou qu'on passait sur de petits fonds. La rotation s'obtient au moyen d'une barre B. Celle-ci, suivant les agencements particuliers, est plus ou moins longue, implantée plus ou moins obliquement sur la mèche ; elle peut se trouver soit sur l'avant soit sur l'arrière du mâtereau. Malgré ces variantes de détail, la disposition reste toujours conforme au schéma décrit en figure 7. De nombreux exemples sont visibles dans les collections publiques, notamment au Louvre, sur de petits modèles funéraires, des bas-reliefs, des frises de sarcophages etc.. La barre fait quelquefois défaut. Cela tient à ce que l'auteur du dessin ne savait pas ce qu'il représentait. L'erreur d'interprétation est imputable tantôt à l'artiste égyptien qui recopiait indéfiniment des motifs rituels, tantôt au dessinateur européen qui ne savait pas davantage de quoi il s'agissait lorsqu'il prenait, dans le demi-jour d'une chambre souterraine, un croquis d'une fresque partiellement effacée. Souvent l'homme de barre subsiste avec sa posture. Parfois la barre s'est transformée dans ses mains en une espèce de bâton, sceptre ou ustensile rituel. Cela se voit par exemple dans la planche 255 de Champollion. Voir la suite

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